Dans certaines situations,il arrive très souvent que notre esprit observe la solitude. Puis il l’évite, ils la fuit. Mais si, au contraire, nous y prêtons de l’attention, et que nous cessions de la fuir ; que se passe-t-il ?

Si nous faisons face à la solitude, que nous la vivons de plein gré, alors nous pouvons nous demander s’il existe une séparation, une division, et s’il existe encore un observateur qui examine la solitude. L’observateur se dissocie-t-il de la pensée, ou devient-il, à un niveau de conscience différent, cette même pensée ?

Est-ce qu’il n’y a plus qu’un état de solitude, notre esprit se trouvant être seul, vide ?

Il est capital de saisir cette pensée au vol et sans trop prêter attention aux mots. Lorsque nous sommes envieux, nous disons souvent ; « Je suis actuellement envieux de cela… je veux me débarrasser de cette envie, elle m’obsède. », il y a donc ici un observateur et un phénomène observé ; l’observateur souhaite tout simplement se débarrasser de ce qu’il observe. Or, dans ce même cas, l’observateur et l’observé ne sont-ils pas une seule et même chose ? L’esprit lui-même a suscité cette envie, il lui est donc impossible d’agir sur elle-même. 

Mon esprit observe la solitude ; le penseur a donc conscience de la solitude. Et si le penseur demeure avec elle en un contact total, sans vouloir la fuir et sans vouloir la traduire, existe-t-il encore, à ce moment-là, une différence entre l’observateur et l’observé, ou n’y a-t-il plus comme unique fait que la réalité du vide et de l’esprit seul ? L’esprit a cessé d’observer le vide dans lequel il se trouve ; il est ce vide lui-même.

Ayant pris conscience de sa vacuité comme d’un fait, et voyant que, quels que soient ses efforts, tout mouvement de recul face à cette vacuité n’est qu’une fuite, une évasion, l’esprit est-il capable de se défaire de toute dépendance, et être ce qu’il est, complètement vide et seul ? Et s’il est dans cet état-là, ne sommes-nous pas délivrés de toute dépendance et de tout attachement ?

Cette expérience de méditation sur la solitude est source de connaissance intérieure, car elle nous apprend à nous distinguer de nos pensées, à trouver leurs origines, et à nous rapprocher de la réalité, de la vérité. Il ne faut ni la fuir, ni en avoir peur. Si vous en avez peur, vous pouvez lire notre article dédié à l’apprivoisement de la peur. Vivre les situations, ses émotions, en pleine conscience, nous permet de réaliser beaucoup de choses auxquelles il vaut mieux faire face que de fuir. Nous en apprenons davantage sur nous-mêmes que n’importe qui aurait pu nous l’enseigner.

Si nous creusons plus en profondeur, nous pouvons remarquer qu’aussi longtemps que celui qui expérimente se souvient de l’expérience, la vérité n’est pas. Pourquoi ? Car la vérité n’est pas quelque chose dont on se souvient, qu’on acquérit et que l’on emmagasine pour la reproduire ensuite. En fait, et cela peut nous paraître évident : ce qui s’accumule n’est pas la vérité. C’est le désir de faire l’expérience qui crée l’expérimentateur, qui ensuite accumule puis se souvient. Pour ce désir d’expérience, il y a une séparation entre le penseur et sa pensée ; le désir faire quelque chose, le désir de devenir, d’être plus, d’être moins, suscite une division concrète entre l’expérience et celui qui la réalise.

La prise de conscience de cette conséquence du désir est la connaissance de soi. N’ayez peur de vous découvrir, car la connaissance de soi, comme chacun le sait ici, est le commencement de la méditation.

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